Ne faites rien d’illégal

 

Les « actes illégaux » sont ceux interdits par les règlements officiels ou par la loi. Ces actes sont définis par le gouvernement, les législateurs et les juges. Ils sont généralement énoncés dans des codes de loi. Dans une société bien organisée, ces codes sont publiés et diffusés de façon générale. Dans une société troublée (où les crimes sont souvent monnaie courante), on est obligé de consulter un avocat ou de devenir soi-même un expert en droit pour les connaître tous ; et ce genre de société vous dira que « l’ignorance des lois n’excuse pas leur transgression ».

Il n’en reste pas moins que chacun d’entre nous, quel que soit son âge, est tenu de connaître les actes que la société considère comme « illégaux ». Il existe des gens qui peuvent nous renseigner, et des bibliothèques sont à notre disposition pour nous permettre de consulter les textes.

Un « acte illégal » n’est pas le fait de désobéir à un ordre tel que « va te coucher ». C’est un acte qui, s’il est perpétré, peut entraîner des sanctions de la part de l’État et des tribunaux : on peut être mis au pilori1 par l’appareil de propagande2 de l’État, être condamné à une amende, et même être emprisonné.

Chaque fois qu’on commet un acte illégal, on s’expose à des poursuites par l’État, quelle que soit la gravité de ce que l’on a fait. Lorsqu’on commet un acte illégal, on affaiblit ses moyens de défense, que l’on soit appréhendé ou non.

Pratiquement toute chose valable qu’on essaie d’accomplir peut être souvent menée à bien en restant parfaitement dans la légalité.

La voie de « l’illégalité » est un raccourci dangereux et une perte de temps. Les « avantages » escomptés s’avèrent bien souvent ne pas en valoir la peine.

L’État et le gouvernement ont tendance à être des machines qui agissent plutôt sans réfléchir. Ils existent et fonctionnent selon des lois et des codes. Ils combattent l’illégalité par l’intermédiaire de leur appareil administratif. Et il peuvent être, en tant que tel, des ennemis implacables3 et inflexibles4 quand il s’agit « d’actes illégaux ». La notion de bien et de mal ne compte pas devant les lois et les codes. Il n’y a que la loi qui compte.

Lorsque vous vous rendez compte ou que vous découvrez que les gens autour de vous commettent des « actes illégaux », vous devriez faire tout ce qui est en votre pouvoir pour les en dissuader. Même si vous n’êtes pas directement impliqué, vous risquez malgré tout d’en subir les conséquences. Le comptable de l’entreprise falsifie les livres de compte. Eh bien, à cause du désordre qui pourrait en résulter, l’entreprise pourrait faire faillite et vous pourriez perdre votre travail. Ce genre de situation peut affecter terriblement votre survie.

Encouragez la publication claire et nette des lois qui régissent tout groupe auquel vous appartenez, pour qu’elles soient connues. Apportez votre soutien à tout organisme politique ou juridique qui s’efforce de simplifier, clarifier et codifier les lois qui s’appliquent à ce groupe. Adhérez au principe selon lequel tous les hommes sont égaux devant la loi, principe que l’on ne devrait jamais perdre de vue et qui, en d’autres temps et d’autres lieux (à l’époque tyrannique5 de l’aristocratie6 permit à l’Homme de faire une des plus grandes avancées sociales de son histoire.

Veillez à ce que tous, les enfants comme les adultes, soient informés de ce qui est « légal » et « illégal » et faites-leur savoir, ne serait-ce que par un froncement de sourcils, que vous désapprouvez les « actes illégaux ».

Ceux qui en commettent affaiblissent leur position face à la puissance de l’État, même s’ils arrivent à « s’en tirer ».

Le chemin du bonheur  ne comporte pas la crainte d’être découvert.

  1. 1. mettre au pilori : exposer au ridicule, au mépris de tous, aux insultes.
  2. 2. propagande : action de répandre des idées, des informations ou des rumeurs pour servir sa propre cause et/ou nuire à celle d’un autre, souvent sans se préoccuper de la vérité ; faire passer des mensonges dans la presse ou à la radio et à la télévision pour qu’une personne soit jugée coupable lorsqu’elle se présentera au tribunal ; attaquer injustement la réputation d’une personne afin qu’on ne l’écoute pas. (Un propagandiste est une personne ou un groupe qui fait de la propagande.)
  3. 3. implacable : qui ne peut pas être apaisé, calmé ou satisfait ; sans remords ; impitoyable.
  4. 4. inflexible : dur ; qui ne cède pas ; intransigeant ; qui ne va pas fléchir ; qui insiste ; qui refuse toute autre opinion ; qui ne cède devant rien.
  5. 5. tyrannique : caractérisé par l’utilisation d’un pouvoir absolu, cruel, injuste ; accablant ; oppressif ; dur ; rigoureux.
  6. 6. aristocratie : gouvernement par quelques personnes qui ont des privilèges, positions ou rangs spéciaux ; règne d’une élite qui se place au-dessus de la loi commune ; un groupe qui, par la naissance ou par sa position, est « supérieur aux autres » et qui peut créer ou appliquer des lois aux autres, mais qui ne se considère pas sujet à ces lois.